La mort, la vivre en douceur

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L’autre jour, de retour à la maison, ma grande a découvert un petit oiseau immobile sur le balcon avant. Elle était énervée et ne savait que faire, elle est venue me voir en courant et m’a prise par le bras pour m’apporter voir ce qu’elle avait trouvé.

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Elle n’était pas sure et ca se voyait dans ses yeux. Elle était confuse.. que fesait cet oiseau allongé sur le sol, sans vie? Était-il endormi? Allait-il repartir?

Il faut savoir ici qu’aucun de mes enfants n’a jusqu’à présent été confronté à la mort, ni d’un animal, ni d’un proche. Je sais que le jour où une de ses chiennes prendra son dernier souffle, elle va être dévastée, elle y est tant attachée, surtout Meya, qui est dans sa vie depuis qu’elle a 4 mois.. elle n’a jamais connu la vie sans (pareillement pour mes 2 autres enfants). Quand viendra le jour où elle va perdre un de ses grand-parents, parce que soyons réalistes ici, les humains ne sont pas éternels, encore moins quand ils dépassent le 70 ans ou quand ils ont de nombreux cancers, elle sera encore plus dévastée, parce que ses 4 grands-parents, elle les adore! Alors quand j’ai vu ce petit oiseau, je me suis dis qu’il serait bon de lui expliquer en douceur le concept de la mort.

Elle est très émotive et quand quelque chose l’affecte, c’est intense. Ce n’est pas grâve, la vie à besoin de gens intenses aux émotions puissantes qui sont guidés par leurs passions. Elle est amoureuse de la nature également. Je me suis assise avec elle près de l’oiseau (avec fiston qui écoutait aussi) et je lui ai dit que l’oiseau avait eu un petit accident (il s’est en fait cogner contre la grande fenêtre du salon en volant) et qu’il était décédé (et non qu’il était endormi pour toujours, c’est une bien mauvaise chose à dire à un enfant, il pourrait par la suite associer le sommeil au fait de ne jamais revenir et pourrait ne plus vouloir dormir). Qu’il était en paix et qu’il irait rejoindre tous les oiseaux avant lui, tous ceux qu’il aimait. Que lorsque nous décedons, nous ne revenons pas, notre corps n’est plus vivant, mais que tant que personne ne nous oublie, on vis éternellement dans leurs coeurs, dans leurs pensées. On pouvait voir la tristesse sur son visage.

Je lui ai dit que la nature fonctionnait ainsi, que tous les êtres vivants, un jour, retournent à la Terre. On peut expliquer à nos enfants nos propres croyances religieuses ou spirituelles, ici je lui ai dit que pour moi les êtres vivants retournaient à la nature, qui les a créer, et que d’autres êtres vivants allaient naître. Que la vie était un cycle. Chaque naissance entraine un jour une mort. Je lui ai dit qu’il ne fallait pas avoir peur de la mort, elle peut nous rendre triste et c’est parfaitement normal, on a le droit de vivre notre tristesse. Un jour ce sera notre tour à nous aussi de retourner à la nature afin que d’autre naissent et que la vie continue. La nature peut sembler cruelle, mais elle est magnifique, tout est organisé, tout est harmonieux.

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Afin de l’aider à comprendre et gérer sa grande tristesse, je lui ai doit que nous aiderions le petit oiseau à retourner à la nature. Nous avons choisi un endroit dans la cour et nous avons creuser un petit trou. Elle lui a dessiner un dessin d’elle et lui afin qu’il puisse être heureux là où il va et qu’il sache qu’il est aimé. C’était son idée. Quand les gens pensent que les enfants ne comprenent pas, ils ont tord, c’est eux qui ne les écoutent pas assez ou ne leur font pas assez confiance. Il faut écouter les enfants, ils sont plus sages et profonds qu’on ne le pense. Dans le trou, nous avons mis des feuilles et avons déposé le petit oiseau, elle y a mis son dessin et nous avons remis de la terre. Juste avant de remettre la terre, elle a voulu lui parler. Ils sont allés chercher des fleurs sur le terrain afin de les donner à l’oiseau. Ensuite elle a tenu à rester avec lui, sans moi. Je suis restée plus loin, je l’entendais lui parler et lui dire que tout irait bien. Pour être parfaitement honnête, j’ai verser quelques larmes à force de l’écouter.

Nous sommes ensuite restés dehors, avons souffler des bulles et rigoler ensemble tous les 4 (papa était au travail). La mort, c’est triste, mais ce n’est qu’un passage, la vie recommence ailleurs et la vie mérite d’être célébrée. Quand nous sommes rentrés, elle a éclaté en sanglots et est partie ventiler seule dans une pièce. Je suis aller la revoir plusieurs fois jusqu’à ce qu’elle me dise oui pour entrer. Dans le calme, nous avons discuter à nouveau. Je lui ai dit plusieurs fois que de vivre ses émotions était normal et qu’elle n’avais pas à avoir honte, tous ont droit de pleurer. Son sourire est revenu et elle s’est amusée à nouveau.

Depuis elle m’en reparle, elle me dit que”petit oiseau” comme elle l’appelle, est parti rejoindre les siens, qu’il fera pousser des fleurs. Quand nous allons dehors, elle va le voir et lui raconte des secrets.

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Il faut faire confiance à nos enfants, ils comprennent et sont profonds, comme les adultes. Il faut les laisser vivre intensément leurs émotions, sans réprimendes, sans rigolade. Il ne faut pas avoir peur d’expliquer des choses aux enfants, ils comprennent plus que les adultes peuvent croire.

Ici, je me dois d’être parfaitement honnête (dans la douceur bien entendu) parce que les autistes ne comprennent pas ou presque pas les doubles sens, les sens cachés, les jeux de mots, les concepts flous, mais aussi parce que je respecte mes enfants et n’ai aucune intention de les laisser dans la noirceur. Je ne juge pas leurs réactions, je suis la afin de les consoler, les écouter, les épauler, les guider.

Pour ma part, je suis en paix avec la mort, et je crois que quand l’adulte lui-même est en paix avec la mort, le concept passe mieux chez l’enfant. Les enfants peuvent voir et ressentir nos émotions, nos peurs…

Il faut voir nos enfants comme de vrais êtres, pas uniquement comme des enfants. Les miens je les vois comme mes guides, ce sont eux qui tracent mon chemin dans la vie, ce sont eux qui réchauffent mon coeur d’enfant, ce sont eux qui font naître mon sourire, ce sont eux qui m’accompagnent dans la vie, ce sont eux qui me font comprendre la vie.

Un jour, je leur dirait merci… merci de m’avoir montré ce qu’est l’amour véritable, merci de m’avoir fait vivre de vraies émotions, merci de m’avoir choisi comme maman, merci d’avoir ouvert mon coeur à la vie, merci de m’avoir fait vivre tout simplement…

Un jour, je retournerais à la nature à mon tour, j’espère de tout coeur que ce jour la, mes enfants seront à mes côtés, dans la paix et célébrerons la vie.

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(Cette citation réflète comme je me sens, avant d’avoir mes enfants, j’existais, mais ne vivais pas.. ils sont arrivés dans ma vie et l’ont rendu magique, ils m’ont changés pour toujours)

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À bientôt!

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2 thoughts on “La mort, la vivre en douceur

  1. Les larmes me coulent doucement en lisant ton texte. Je me sens profondément touchée par ce moment que vous avez vécu, par ta sincérité, la simplicité des mots que tu as choisi pour accompagner une enfant sans cette compréhension de l’incomprehensible. Je ne sens touchée par cette sagesse et ce grand amour de la vie avec tout ce qu’elle contient du début à la fin… tu es grande ma soeur et je t’aime infiniment xxx tu es un beau modèle de maman 🙂

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