J’achète! Combattre l’épidémie de surconsommation

DSCN6115 copy

J’achète! Combattre l’épidémie de surconsommation

John de Graaf / David Wann / Thomas H. Naylor

FIDES

340 pages

ISBN : 9782762125429

*

Pour ceux et celles qui s’intéressent à la société de surconsommation et à ses impacts environnementaux et sociaux, je vous suggère d’aller faire un tour à votre bibliothèque et d’emprunter ce livre, s’il ne l’est pas, faites-en la demande! Il est intéressant du début à la fin. (Un grand merci à la chouette femme à la documentation de la plus grande des deux bibliothèques de ma ville qui a pris le temps de me trouver une panoplie de titres intéressants en lien avec la surconsommation. D’ailleurs, n’ayez pas peur de demander de l’aide.)

Le livre à un ton humoristique/sarcastique. Il présente le mode de vie Américain, mais qui est maintenant non pas seulement aux États-Unis, mais au Canada et ailleurs dans le monde. Le ”rêve américain” est partout. Il explique cette épidémie qui ravage l’homme, soit ”l’affluenza” ou ”rage de consommer”, les symptômes, les causes et surtout des traitements possibles.

” Ce livre est un appel à la liberté, la nôtre et celle de nos enfants.” – Laure Waridel

Que ce passe t-il dans avec la société actuelle? Les gens sont devenus trop matérialistes, centrés sur eux et ce au détriment des générations futures. Tout au fil du livre, les auteurs passent le message que les meilleures choses de la vie ne sont pas des biens matériels. Bien que le livre date de 2004, il est toujours très d’actualité.. en fait il l’est peut être encore plus aujourd’hui!

Les mises en situation fictives (que l’on retrouve un peu partout dans le livre et qui servent à expliquer concrètement des points) sont tellement réalistes et représentatives de la société non pas qu’au États-Unis, mais partout où ce mode de vie est devenu la norme sociale à atteindre.

Le livre nous transporte au royaume de l’entrepôt libre-service, des ”hoarders” (accumulateurs compulsifs) des centres commerciaux immenses qui ont des vols d’avion spéciaux pour s’y rendre et où les voisins sont en compétition pour voir qui a le plus de biens et les plus gros…

”Possédons-nous nos objets ou nos objets nous possédent-ils?”

Sous son ton humoristique, le livre apporte des réflexions importantes face à la société et à quel point l’homme est en train de s’autodétruire, mais également à notre propre consommation. Le texte apporte le lecteur à se questionner, à réfléchir, mais aussi à aller en profondeur des choses, de dépasser le superficiel et de comprendre ce qui se passe réellement. Aux États-Unis , malgré l’image d’abondance des supermarchés aux rayons plein à craquer,  plus de 10 milions de personnes ont faim chaque jour dont plus de 40% étant des enfants et la majorité des adultes étant des travailleurs à l’emploi. 21 milions d’autres ont faim, mais se font aider par des services d’aide (soupe populaire etc). Qui pense réellement à cela en allant faire ses courses? J’aime ce livre parce qu’il vient nous chercher bien profondément, là où de nombreuses personnes ne vont que rarement.

À de multiples reprises, le livre fait référence à plusieurs religions et ce qu’ils pensent de la surconsommation, de simpacts destructeurs autant au plan écologique que social, des valeurs actuelles, bref ce que l’homme est devenu avec le temps. Il est agréable de voir ce que tous en pensent et ce sans jamais se sentir forcer de quoi que ce soit (ce n’est absolument pas un livre de religion). Qu’importe la religion, les valeurs profondes sont les mêmes et tous avaient compris et comprennent toujours que l’homme apporte sa propre destruction, qu’il est égoïste et toujours à la recherche d’en avoir plus.

” Matthieu 16 , 26 : Que servira t-il à l’homme de gagner le monde entier, demandait-il à ses disciples, s’il ruine sa propre vie ” 

” Gaspiller la création, c’est comme cracher au visage de Dieu” – Rabbin Daniel Schwarz

Il est également question du concept de pauvreté de l’âme qu’apporte la société de surconsommation. Plus on possède, plus on a un grand vide intérieur et malheureusement c’est une spirale vers le bas puisque les gens continuent le même cycle malsain. Les gens ne prennent plus que les objets en objets, mais les autres humains sont devenus des marchandises jetables à leurs yeux. Les relations d’aujourd’hui sont en péril.

Dans la vie, plus l’on a de véritables richesses (famille, amis, nature, animaux etc), moins nous avons besoin d’argent pour être réellement heureux.

” C’est l’endroit le plus pauvre que j’ai jamais vu” – Mère Thérésa en parlant des États-Unis

Il est intéressant d’en apprendre davantage sur l’histoire du crédit et du fameux ”achetez maintenant, payez plus tard”. Le livre est rempli d’anecdotes que peu de gens connaissent telles que le fait que Jimmy Carter était très à l’encontre de la société de consommation et c’est un discours à ce sujet qui lui a fait perdre les élections ou bien que Tom Monaghan, fondateur de Domino Pizza (que tous les Canadiens et Américains connaissent) a un jour tout vendu ses biens, ses maisons, son équipe de sport, à fait stopper la construction d’un immense manoir parce qu’il avait enfin compris que l’argent n’achetait pas le bonheur.

Les conséquences de la société de consommation actuelle sont expliquées avec profondeur et nous apporte à réfléchir encore plus. Un exemple bien précis est venu me chercher droit au coeur. Les auteurs racontent qu’en Thailande, il y avait eu un gros incendie dans une usine de jouets de plastique. Des centaines de travailleurs, pour la plus part des mères ont péris dans ce drame. Peu de photos avaient été montrées au médias. C’était l’horreur que d’être sur place. Les conditions de travail dans les pays en développement sont terribles, les gens sont maltraités, sous payés, voir même exploités et ce que les gens ne réalisent pas… c’est que les mères qui ont péries dans ce feu, ne gagnaient même pas assez pour acheter un de ces jouets de plastique de mauvaise qualité qu’ici nous achetons et jetons après quelques semaines. Pensez-y la prochaine fois où vous aurez envie d’acheter un machin très peu cher et en plastique…

Le livre rappelle aux gens d’où proviennent des marchandises, le coût réel de ces dernières, l’impact catastrophique sur l’environnement et notre santé (sur la fertilité, les cancers, perturbateurs endocriniens, troubles neurologiques, plus faible QI etc) , l’impact social (pression sociale, pauvreté, crimes, prisons, divorces, relations jetables, travailleurs exploités, exploitation d’enfants etc), les réels besoins de l’être humain (Maslow) vs comment les hommes sont corrompus par la société de consommation, mais aussi il apporte des pistes de réflexions et de solutions. Le lecteur prend conscience qu’il faut changer soi-même et en terme de société.

En résumé, j’ai énormément apprécié la lecture de ce livre (que j’ai lu en 2 fois) et le conseille fortement à tous. Que vous soyez ou non dans l’enfer de la surconsommation, tous peuvent s’améliorer et tous peuvent mettrent les choses en perspectives et voir la vie différement.

*

Bonne lecture et à bientôt!

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s