L’enfance oubliée au travers les horaires surchargés…

Assise au soleil derrière la maison, mes deux plus jeunes s’amusent librement avec des bassines d’eau et des figurines. Je les écoute rire, je les regarde se rouler dans l’herbe, lancer de l’eau et parfois ils accourent les yeux remplis de fierté et de curiosité afin de me montrer une sauterelle ou une plume. Au travers ces moments de simplicité pure, mon coeur rayonne de gratitude. Notre vie est simple à longueur d’année et j’en suis éternellement reconnaissante.

Plus tôt aujourd’hui, mes valeurs les plus chères à mes yeux ont été secouées à la lecture d’une publication sur un site de petites annonces. Pour résumer brièvement, un parent était à la recherche une gardienne pour ses enfants en garde partagée, de la fin des classes à après l’heure du coucher et ce tous les jours de sa garde. J’ai dû lire une seconde fois pour être sure que j’avais bien lu la première fois. Cette petite annonce d’apparence anodine est le reflet bien malheureux de la société actuelle.

Trop de gens aujourd’hui ont des horaires du temps surchargés, exténuants et stressants. Ils travaillent trop et veulent tout avoir sans jamais à faire le moindre compromis ou sacrifice. Ils font des enfants pour inconsciemment satisfaire les conventions sociales pour ensuite les enchaîner à un mode de vie qui va à l’encontre de la nature humaine et qui est l’ennemi par excellence de l’enfance. Dans un cycle éternel de garderie le plus tôt possible et ce de longues heures à la fois, d’école, de service de garde et de gardienne, qu’est-il arrivé à l’enfance? Les enfants en dépression, les enfants suicidaires, les enfants souffrant d’anxiété et d’anxiété de performance, la société est malade et plus les jours avancent, plus elle s’enfonce encore plus profondément. Les enfants sont plus éloignés que jamais de ce à quoi ils sont programmés naturellement, être des enfants, libres, explorateurs, curieux et surtout heureux et en amour avec la vie.

Chaque fois que je lis des articles comme quoi on peut tisser des liens solides avec notre enfant en simplement dix minutes par jour, je me retrouve à ne pas savoir si je dois rire ou pleurer. La société d’aujourd’hui m’attriste énormément. Nous sommes dans une société où les adultes tentent par tous les moyens, incluant les rigolades de type mères indignes, de se déculpabiliser de leur manque de présence physique et mentale avec leurs enfants. Il ne suffit pas d’être debout dans une pièce ou d’être disponible 10 minutes par jour pour tisser un lien solide avec notre enfant, il faut au contraire être impliqué en profondeur.

Au fil des générations, les gens se sont éloignés de la simplicité et de l’essentiel pour se détourner vers l’argent, le succès, le pouvoir, le statut social, bref vers l’égoïsme et l’égocentrisme. Les gens travaillent de plus en plus pour rivaliser entre eux pour savoir qui a la plus grande maison, qui a la plus belle voiture, qui voyage le plus, qui a les enfants les plus intelligents, les plus sportifs, les plus artistiques… Les enfants sont devenus une sorte de corvée, ils ne sont plus l’ultime priorité, bien au contraire, ils passent bien loin derrière une panoplie de futilités. Les enfants sont oubliés, tassés à droite et à gauche, forcés dans une multitude d’activités structurées afin de faire grossir l’ego des parents, mais aussi afin de ne pas les avoir dans les jambes. Les parents partent en voyage sans leurs enfants, les laissent dans des services de garde en tous genres à l’année longue, ils prennent congé pendant que leurs enfants n’en ont jamais,

La société a plus que jamais besoin d’un réveil collectif, de comprendre que les enfants sont des humains eux aussi, et non des accessoires dans nos vies. Un toit, un réfrigérateur bien rempli et des vêtements propres ne suffisent pas à l’enfant afin d’avoir un développement physique et mental optimal et sain. Stop aux horaires surchargés, aux parents absents pour des raisons frivoles, aux excuses pour tout, aux heures de garde interminables ou encore à l’abus de biens matériels pour compenser l’absence des parents. Il lui faut du véritable amour, de l’écoute, une présence rassurante, de la complicité, du plaisir, du repos, de la bienveillance, de la simplicité, du jeu libre, mais surtout, des parents réellement présents.

Each day of our lives we make deposit in the memory banks of our children.               -Charles R. Swindoll-

Et vous, quels souvenirs voulez-vous que vos enfants chérissent en grandissant…

 

 

4 thoughts on “L’enfance oubliée au travers les horaires surchargés…

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